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L'histoire du pont Bailey

Pièce maîtresse de l’ingénierie militaire alliée, le pont Bailey a joué un rôle essentiel durant la Seconde Guerre mondiale. Conçu pour être assemblé rapidement sur le terrain, il a permis aux troupes de franchir rivières et obstacles, soutenant l’avancée vers la libération de l’Europe.

Pont Bailey Double-Double

SIR DONALD coleman BAILEY (15/9/1901-5/5/1985)

Le Général Eisenhower a classé le pont Bailey dans les trois plus grandes avancées industrielles et technologiques à côté du radar et du bombardier lourd.

 

Bien que Donald Bailey n’est pas l’inventeur du concept de pont modulaire, il a créé ce qui est probablement le modèle le plus abouti et indéniablement celui qui est devenu le plus célèbre.

 

Diplômé ingénieur de l’université de Sheffield en 1923, il devient fonctionnaire civil au sein du War Office où son travail consiste à concevoir des ponts sans savoir que son nom resterait à la postérité.

 

Depuis l’époque romaine, les armées connaissent l’importance de la construction rapide de ponts dans le cadre militaire. De nombreux développements se succédèrent mais c’est Gustave Eiffel qui fut réellement le précurseur des ponts démontables.

L’amélioration de la qualité de l’acier, les progrès considérables dans les calculs de résistance et la connaissance des matériaux ont contribué à l’émergence des ponts métalliques. Leur disponibilité devient primordiale avec l’importance d’établir rapidement des ponts dans le cadre des guerres modernes mais aussi compte tenu des perspectives d’un marché colonial juteux.

 

Eiffel déposa des brevets en 1881 et 1882 pour un système de pont à portée variable composé d’éléments identiques entre eux dont la superposition et l’assemblage permettent de donner aux poutres du pont une longueur et une résistance variable selon la portée.

Les éléments composés de pièces triangulaires indéformables s’assemblent les uns aux autres par des axes.

A partir de 1883, Eiffel développe le concept de pont provisoire constitué de seulement 3 éléments différents, en fer. La ferme principale pesait 121 kg

 

Eiffel fit également breveter le « système de lançage des ponts démontables », système largement repris par ses successeurs :

  • Lancement du pont à partir de la rive

  • Superposition d’éléments triangulés de base

  • Montage d’un avant-bec pour faciliter le contact avec la rive opposée

  • Utilisation d’un contrepoids

  • Dispositif de roulement pour la poussée

  • La technique protégée par ce nouveau brevet a été inaugurée au viaduc de Fribourg

 

Les ponts tout en acier ont été utilisés pour la première fois en 1885 par la Compagnie d’Orléans.

 

En 1883, les ponts démontables en acier se trouvent un usage militaire, notamment en Belgique où ils seront testés à Anvers par les pontonniers du génie avant d’être approuvés en 1884. Un premier pont « système Eiffel » est fabriqué dans les ateliers Halot à Louvain.

Durant la première guerre mondiale, le colonel du génie Paul Algrain va tester et contribuer à améliorer le système Eiffel à tel point qu’en 1915, les ponts de ce type sont désormais appelé ponts Algrain. Ils seront largement utilisés jusqu’à la seconde guerre mondiale et même exportés dans de nombreux pays étrangers.

 

Après le désastre de la campagne de mai 1940, le Corps Expéditionnaire Britannique a perdu la quasi totalité de son matériel y compris celui du Royal Engineer. C’est dans cette période de réflexion sur le réarmement qu’un projet de pont modulable est réclamé. Celui-ci devra répondre à un cahier des charges très précis permettant le déploiement du char lourd Churchill en cours de développement

Le futur pont doit :

  • Etre polyvalent

  • Etre modulable en portée (60m sans appui)

  • Etre modulable en charge (jusqu’à 70 tonnes)

  • Etre monté facilement, rapidement sans utilisation de moyen mécanique

  • Etre transportable par camion militaire standard

 

Plusieurs bureaux d’étude sont en lice mais c’est l’Experimental Bridging Establishment à Christchurch qui emporte le marché grâce aux travaux de l’ingénieur Donald Coleman Bailey.

Bailey, travaille sur un modèle de pont depuis 1936 mais sans recevoir d’oreille attentive en période de paix.

Inspiré par les travaux de ses prédécesseurs, il propose, le 1er mai 1941, un prototype de démonstration de 21m de long qui sera déployé en 36 minutes. Celui-ci présente un panneau de treillis en forme de croix de Saint-André sur base d’un brevet déposé en Angleterre en 1820.

 

La production en série débute en juillet 1941 faisant intervenir 600 petites entreprises qui fourniront mensuellement 26.000 panneaux avec une première livraison en décembre. Il sera utilisé en opération pour la première fois par le Royal Engineer en novembre 1942 à Medjez-el-Bab en Tunisie.

L’armée américaine développe sous licence sa version du pont dénommée M2 qui présentera des difficultés de compatibilité avec le modèle d’origine en raison de son tablier plus large.

 

Près d’un demi million de tonnes d’éléments de pont seront construits pendant la seconde guerre mondiale. Après guerre, il équipera toutes les armées occidentales et sera largement utilisé dans le monde entier pendant des décennies.

 

Plusieurs récompenses seront décernées à Donald Bailey :

Le 4 janvier 1943 : Officier de l’Ordre de l’Empire Britannique

Le 1er janvier 1946 : Chevalier (Knight Bachelor) titre remis par le roi George VI sur recommandation du gouvernement pour l’invention du pont Bailey et son impact stratégique majeur. Cette distinction fait de lui « Sir Donald Bailey »

Le 1er janvier 1948 : Commandeur de l’Ordre d’Orange-Nassau, distinction décernée par le gouvernement néerlandais en reconnaissance de ses services pendant la guerre

description du pont

L’assemblage des différents éléments forme un tronçon de 10 pieds (3,05m). En assemblant ces tronçons ensemble on obtient un pont de la longueur nécessaire au franchissement.

Il existe sept combinaisons de montage en fonction de la charge que l’on veut faire passer sur la portée. Ces combinaisons sont identifiées par 2 lettres représentant un montage simple (S), double (D) ou triple (T).

La première désigne la configuration en largeur et la seconde celle en hauteur. On parlera ainsi de montage S-S (Simple-Simple) ou D-S (Double-Simple) ou T-D (Triple-Double) par exemple.

La portée maximale du pont sans appui est de 60 mètres.

Au-delà, le pont pouvait s’appuyer sur des piles d’un pont détruit ou sur des piles construites avec les mêmes éléments standards.

 

L’élément le plus lourd du pont est la poutrelle transversale qui pèse 280 kg. Les panneaux latéraux quant à eux pèsent 262 kg.

 

Le pont, construit entièrement sur une rive, était lancé par poussage sur des rouleaux jusqu’à ce que la structure ait pris appui sur d’autres rouleaux placés sur la rive opposée.

Les rouleaux sont alors retirés à l’air de puissants crics et le pont est déposé sur ses éléments d’appui définitifs.

 

Pour éviter que le pont bascule dans le vide des panneaux simples sont ajoutés à l’avant du pont. Ce sont eux qui franchiront le fossé et prendront appui sur les rouleaux à bascules avant que le pont en lui-même, plus lourd n’ait franchi le point d’équilibre.

La stratégie repose sur le nombre d’éléments qui composeront ce « bec de canard » ainsi que le contrepoids à constituer à l’arrière.

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